Retour sur Bordeaux-Rennes vu du stade
Reportages / 02/02/2016

Retour sur Bordeaux-Rennes vu du stade

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Ils y sont allés en voiture, en car avec le RCK, et en tram, dans un but commun : inaugurer le hashtag #SocialRoomFC à l'extérieur et nous faire vivre leur déplacement au Matmut Atlantique. Et à l'instar de leurs protégés, ils ont pris la flotte. @UnCubiDeRouge, @AnTwitteg et @GuillaumeFerand vous disent tout.

Le voyage : 

@UnCubiDeRouge :

Première pour moi avec la SocialRoomFC, première pour la SocialRoomFC à l’extérieur. Nous avons donc la pression pour réussir notre journée. J’habite à Bordeaux mais je me réservais pour le Bordeaux – Rennes, coché sur mon calendrier depuis septembre, pour découvrir le nouveau stade.

14h30 : je me pose dans le tram, 1h de trajet direction le nord de la ville où se situe le stade. Pas grand monde, pas d’écharpe bleu marine. Passage par la place de la Victoire, ça pourrait être un signe de la soirée qui s’annonce… Petite halte place de la Bourse, connue pour sa vue avec le miroir d’eau. Bon, le miroir d’eau il était plutôt sur mes lunettes.
Changement de tram et là je crains qu’il y ait au taquet de monde à vouloir monter au stade. Penses-tu : quasiment personne ! On passe devant la colonne des girondins, sous les nuages, je me suis dit que ça s’annonçait bien pour nous…
A un arrêt du terminus et du stade, je vois un marchand ambulant de sandwichs, hot dogs, kebabs et autres plats gastronomiques, pas de galettes-saucisses en vue. Une fois au terminus, j’admire la vue sur le grand édifice blanc et gris, sous un ciel tout aussi gris.


Et il se profile a l'horizon : Le Matmut Atlantique ! #socialroomfc pic.twitter.com/NMK2l0b5AA

— Le Verre de Cidre (@CubiDeCidre) January 31, 2016 " target="_blank">

@AnTwitteg :

Il y avait un bon, très bon moment que je n'avais pas fait un déplacement aussi long avec le RCK. 2 décennies. Oui, 2 décennies. Ça fait un bail, je me suis senti un peu en décalage avec le reste de la populace du car à part 4 ou 5 autres gars, je devais être un des plus âgés. J'avais bien fait Lorient en décembre 2014 dans le froid polaire du Moustoir et sa pelouse en plastique, ce match où Armand est expulsé dès les premières minutes de jeu, le match au Mans contre Caen fait en bagnole, et cette saison les points qu'on a pris l'habitude de ramasser chez les jaunes pipi dans leur stade depuis quelques temps, déplacement fait avec le RCK comme avant-goût de mon retour dans le monde des supporters dit « ultras ».

Samedi matin, lever du corps à 7h30, p'tit dèj solide dans l'estomac pour un rdv au « lokal » du RCK à 9 h. Je décline mon identité, attends une bonne heure avant de quitter le monde civilisé pour la capitale mondiale du pinard. Fébrile, je le suis un peu, pourquoi, j'en sais rien. Je pose mon auguste séant dans le bus et c'est parti ! Premier message du Cubi que je dois rencontrer afin de faire connaissance et puisqu'il m'a proposé de participer à la @socialroomfc.

Cinq heures de bus c'est long mais nous sommes à l'époque des réseaux sociaux, du data et des smartphones, ça vous change un voyageur ! Le Cubi me propose de commencer à animer la Social. N'ayant pas la Ferrari des smartphones, j’économise ma batterie. L'ambiance dans le bus est bonne, moins électrique que pour aller à Nantes mais bonne et assez sereine, les mecs commencent à se détendre avec quelques boissons sympas pour leurs gosiers. 2 ou 3 arrêts sur l'autoroute, tout ça sous un temps de cochon. Il est 15h45 lorsque nous arrivons dans le nouvel écrin bordelais. Drôle d'impression, cet enchevêtrement de ferraille qui sert j'imagine comme support du toit. Architecturalement on aime ou pas mais une chose est sûre, ce sera toujours mieux que l'horrible Chaban-Delmas qui était selon moi le stade le plus laid de la L1.


@GuillaumeFerand : 

10h30 : Déplacement en terre girondine, mon départ est prévu entre 9h et 10h. Bien évidemment, je prends la voiture qu'à 10h30. C'est donc parti pour 4h40 de route sous la pluie, avec comme première chanson, La Reine Des Neiges version originale, la journée commence bien.

12h : Pendant le trajet, je pense aux résultats de vendredi et samedi, Lyon et Monaco qui perdent, Marseille et Lille qui partent sur un nul. On a un sacré coup à faire chez les Girondins, on y croit !

15h30 : Me voilà arrivé sur Bordeaux, de la pluie bretonne est au rendez-vous, serait-ce un signe?

16h : Caen vainqueur de Nice 2-0, si on gagne on monte sur le podium.

16h15 : Direction le Matmut Atlantique, difficile de trouver une place mais on finit par y arriver.

L'arrivée au Matmut Atlantique : 

Lorsqu’on arrive au stade par le tram, on accède à une Fan Zone avec divers bungalows qui proposent pizzas, burgers, sandwichs (mais pas de galette saucisse) et un écran géant qui retransmettait Caen-Nice. L’idée est bien sympa, mais il y a peu de monde.

Laitre match en cours en diffusion dans la Fan Zone. Au moins les girondins s'assurent de voir du foot #Socialroomfc pic.twitter.com/blrHSqNTFy

— Le Verre de Cidre (@CubiDeCidre) January 31, 2016 " target="_blank">

Je me promène tranquillement, en me disant que je trouverai bien l’entrée visiteur. Effectivement, un attroupement de rouges et noirs attend devant une porte. Je demande la billeterie, reconnaissant un stadier de Chaban.

- « On peut entrer ? »

- « Ah non on attend la police », le match est dans une heure.

Quelques minutes plus tard le car du RCK arrive, un gars de la sécu – qui se déplace en voiture de golf – gueule avec l’accent bien typé « Putaing mais c’est pas possibleuh, ARRETEUH » (dit-il à un car). Je comprends que la sécu n’est pas encore rôdée avec l’accueil des supporters. Et tranquillou passe Jean Louis Triaud dans ce que j’ai identifié comme une Aston Martin, l’entrée des véhicules se faisant juste à côté de celle des visiteurs.

La police étant maintenant là, on peut entrer dans notre espace. Madame à ma droite a un parapluie (logique quand il pleut, non ?), BIM elle est recalée et doit passer à la consigne ! Sinon on passe à la traditionnelle fouille. La fouille, aussi précise qu’ils te remontent la main à un endroit qui, 2h et demi plus tard, sera déformé par la déroute rennaise.

À moins d’une heure du coup d’envoi, on entre donc dans l’enceinte :

Entrée des joueurs à l’échauffement. De notre parcage on est à 5 mètres de notre équipe de joueurs talentueux.

echauffement sous nos yeux #FCGBSRFC #Socialroomfc https://t.co/SiAxkF0Jtf

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A Bordeaux le speaker anime un petit jeu qui consiste à poser une question à un supporter en tribune pour lui faire gagner un petit truc. Première question, la voici :

« Quel est le nom du stade à Rennes ?

1) Moustoir

2) De la Route de Lorient

3) Roazhon Park

4) Jean Bouin ».

Et le mec interrogé sort « Route de Lorient ». Dépit dans le parcage rennais. Ca fait depuis septembre que le nom a changé !

Tiens, dans ce parcage, je retrouve les deux gars qui m’avaient accueilli dans leur voiture à Toulouse en attendant l’ouverture du stade. C’était la saison dernière, le 14 février. On prend des nouvelles les uns des autres et puis « Bon match ! ».

Bon, c’est bien beau les mecs qui s’échauffent mais on préfère les jeunes filles qui dansent (on a froid pour elles). Et c’est le retour des pompoms, qui nous regardent mais nous ne les regardons pas vraiment dans les yeux …

A moins d’une heure du coup d’envoi :



L'arrivée au stade se fait sans prise en charge de la maréchaussée. Bizarre, même si nous ne sommes pas d'affreux hooligans aux yeux injectés de sang, aucune protection. Nous descendons du bus, le matos suit mais nous ne pouvons pas pénétrer dans l'enceinte suite à un petit problème de règlement de la part du RCK. Billets distribués, on arrive à la fouille. Là, à Bordeaux ça ne rigole pas. Le mec de la sécurité, devant moi, regarde jusque dans le portefeuille du petit bonhomme qui me précède, comme s'il allait balancer la carte de crédit ou sa carte Korrigo sur la gueule d'un stadier ou d'un joueur. Arrive mon tour. Tout y passe, écharpe, manche, capuche, tout est palpé, je suis passé à deux doigt du toucher rectal. J’aurais mieux fait de me foutre à poil, ça aurait été plus simple !

Le Cubi s'impatiente :

- T'es où ?
- J'arrive, j'arrive...

Je découvre le stade en fusion devant moi, il est plein à ras bord. Nan je déconne ! Je fais un selfie et l'envoie au Cubi pour qu'il puisse m'identifier si on se croise.

Un moment de flottement entre le Cubi et moi se produit, on ne se trouve pas, et le match va bientôt commencer. Je me mets un petit peu à l’écart du groupe qui s'est installé en bas de la tribune. Le reste de celle-ci est occupé par des gens d'un certain âge en général et assis en haut à l’abri de la flotte. Le capo lance les chants habituels qui résonnent bien, le match débute, toujours pas de Cubi. Et puis soudain, après l'échange de quelques messages, nous nous trouvons, et je m'approche :

- T'es le Cubi ?
- Ouais !

 

Je me mets à coté de lui, le match et la @socialroomfc débute vraiment pour nous !

16h50: Pas de porte sur nos billets, obligés de demander aux stadiers quelle porte doit-on prendre, évidemment c'était celle où on devait faire tout le tour. Avec la pluie, les tickets passent mal, les stadiers nous font passer avec une carte d’abonné. Avec toutes ces péripéties je me fais rappeler à l'ordre, j'allais entrer dans le stade sans me faire fouiller. Un mec barbu qui tente de passer sans se faire fouiller. Malaise. Quel boulet. Oui je parle de ma vie, mais vous allez voir qu'au final, c'était plus passionnant que ce match.

17h02: On y est, enfiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ! Le RCK est présent, bien garni mine de rien. Et là, la journée continue sur sa lancée. Etant arrivé en retard, je n'ai pas entendu la compo de notre équipe, mais j'aperçois Quintero avant-centre, Sio sur un coté, Ntep de l'autre, Gelson, André et Sylla au milieu et enfin Mbengué à gauche, Armand-Mexer (le retour) , Captain Ladanze à droite et Costil aux cages. Comment peut-on laisser Dembélé sur le banc ? C'est clairement le Rennais le plus en forme ces derniers matchs, mais bon, Coach Courbis a dit qu'il ferait tourner pour les semaines à 3 matchs. On a vu ça.

Le match est donc lancé. Et le RCK chante.

Le match : 

Justement, des formes on n’en a pas vu dans le jeu pendant la première mi-temps, tellement c’était pauvre. Une grosse occas’ pour Ntep dans les premières minutes puis… Diabaté. Pendant cette mi-temps, je découvre @AnTwitteg, dans le parcage, puis @GuillaumeFerand (fidèle à sa photo), hors parcage mais juste à côté de nous. « Coucou, on est là, on se voit à la mi-temps ! ». Il me semble qu’on se prend un peu de flotte sur la tête mais ça n’empêche pas certains d’être torse nu.

Mi-temps, moi et @AnTwitteg retrouvons @GuillaumeFerand à la grille du parcage, on discute un peu du match, du voyage sous la pluie, etc. Dembélé s’échauffe pendant ce temps-là, il pourrait apporter un plus à l’équipe et faire la différence … Et des poms et des poms (parce que 5 fruits et légumes par jour).

2ème mi-temps :

Il y a quand même des personnes qui à 3-0 quittaient le stade. Je ne crois pas qu’un score comme ça arrive souvent en faveur de Bordeaux mais bon… Globalement, il n’y avait pas une grosse ambiance hormis le Kop Marine. Il faut dire que les gens sont très éparpillés dans le stade, c’est moche.

Fin du calvaire, trois joueurs viennent nous saluer (Zeffane, Danzé et Fernandes).

Les rennais après le 4 0 pris à Bordeaux #FCGBSRFC #SocialRoomFC pic.twitter.com/qTD5nMr3Hc

— Le Verre de Cidre (@CubiDeCidre) January 31, 2016 " target="_blank">

Nos favoris sur la pelouse débutent pas trop mal le match et se procurent même une occas' en or mais PG bute sur le gardien. Les chants sont nourris, j'ai du mal à assumer la @socialroomfc et frapper dans mes mains en même temps mais le boulot se fait, on s'échange le Cubi et moi quelques mots même si nous somme concentrés sur nos rôles de reporters. Bordeaux ouvre la marque, ce qui ne fait pas éteindre les chants de nos vaillants camarades.

Mi-temps, comme prévu, nous rencontrons le troisième larron de la @socialroomfc du jour en la personne de Guillaume qui se trouve hors parcage d'ailleurs, le Cubi et moi l'avions repéré assis dans le bloc à coté.

La deuxième mi-temps reprend avec un nouveau capo au mégaphone et les chants reprennent. D’ailleurs, il nous intime l'ordre de laisser nos portables, évidemment, ce qui est impossible pour nous. 2-0, 3-0 pour Bordeaux, ça devient dur, les chants sont toujours là mais commencent à diminuer en intensité jusqu'au quatrième but qui met fin au naufrage de nos joueurs. La fin du match est sifflée. Seuls Gelson, Kamil et Romain Danzé nous saluent. Ce qui est drôle tout de même avec le Stade Rennais, c’était comme si il n'y avait pas de déceptions sur nos visages, j'ai même vu des sourires. Nous sommes blasés. Il y avait juste un jeune qui avait l'air marqué par ce qu'il venait de voir, le pauvre. On quitte les travées et je vais satisfaire un besoin naturel, les urinoirs sont fait en tôles inox et me donnent l'impression de pisser dans la friteuse d'un restaurent de collectivité. Je rejoins le Cubi et nous nous séparons. Comme un con que je suis, j'oublie de lui demander son prénom...

Ntep n'est pas dans son match, il rate l'occasion d'ouvrir le score face à Prior, (je croyais qu'il était mauvais d'ailleurs ce gardien ?) mais quand il revient c'est en trottinant, comme si il ne voulait pas prendre de risques ou qu'il ressentait une gêne.

On prend un pion à la demi-heure de jeu, Diabaté trompe Costil qui se troue complètement.

Le RCK chante toujours.

Mi-temps, on perd 1-0, logique, la défense n'est pas du tout dedans, Costil non plus, l'attaque non plus, le mili.. Bref, l'équipe n'y est pas. Point positif, et le seul, Dembélé s'échauffe pendant la pause, signe d'un changement dès le debut de la 2ème mi-temps. À titre personnel, j'ai pu discuter avec @AnTwitteg et @UnCubideRouge, plutôt sympa comme expérience !

Les joueurs reviennent, on reprend notre place, le RCK se remet à chanter et on continue d'espérer. Dembélé rentre, le gamin a de l'envie, coups de reins, feintes de frappes, feintes de corps, il s'amuse avec la défense girondine. On se procure une occasion, André frappe un ballon renvoyé par les Girondins à l'entrée de la surface qui passe à côté. La balle de l'égalisation était là.. Puis Diabaté. Encore lui, double la mise, 2-0 ce n'est pas bon pour nous. Mais le RCK chante encore.

A l'heure de jeu, Ntep, pas très en forme, sort pour Grosicki, on peut espérer quelque chose de la part de notre super-sub' ! Et bien non, pire encore, on prend un 3ème but. Ounas frappe, Costil la sort mais Diego Rolan qui reprend tranquillement et tout seul le ballon pour l'envoyer au fond des filets 3-0.

Ça n’arrête pas le RCK.

71ème, Quintero sort, ovationné par le RCK, Boga le remplace mais toujours rien. Seul Dembélé est toujours la à rendre fou les défenseurs Bordelais mais en vain.

On fini par en prendre un dernier pour la route, Touré pour le 4-0.

Le RCK est toujours là.

Fin du match. Contrairement à pas mal de joueurs rennais, Zeffane, pas entré en jeu, qui ne joue pas souvent non plus d'ailleurs, est venu jusque dans la surface pour nous saluer. Bon petit gars.

Le retour : 

Grosse dalle, et toujours pas de galette-saucisse en vue. Il restait deux bungalows ouverts à la Fan Zone, je me prends des frites et décide de les manger sur place. Le grand écran diffuse le Canal Football Club. Je mange donc devant les buts girondins #SM.

Retour en tram, déception et fatigue. Je sais que le lendemain je me ferai chambrer par un de mes collègues, supporter du FCGB.

Le retour se fait dans la même ambiance qu'a l'aller. Ça rit, ça déconne, ça se désaltère, c'est jamais fatigué un ultra ! J'échange des messages avec les copains sur Twitter avant que la batterie de mon phone me lâche. Je me trouve bête sans communication avec l’extérieur mais finis par m'en passer. La fatigue a raison de moi et je m'assoupis...

20 ans sans goûter à ça, la saveur du déplacement pour soutenir son équipe à perpète... On nous prend pour des fous d'aller soutenir un club pareil, faire 10h de bus, des centaines de kilomètres pour un simple match de foot... Mais c’était bien, je recommencerai....
 

Pour finir, les moins :

Les plus :